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Pourquoi consulter une diététicienne si vous souffrez de l’intestin irritable ?

Pourquoi consulter une diététicienne si vous souffrez de l’intestin irritable ?

 

Mal de ventre au quotidien, vous ne savez plus quoi manger !

Votre médecin vous a parlé du régime pauvre en fodmap qui pourrait vous soulager.

Une étude a montré que 70 % des personnes ayant suivi le régime pauvre en FODMAP ont connu une nette amélioration des symptômes de l’intestin irritable.

 

diététicienne pour mal de ventre

 

1. Le syndrome de l’intestin irritable, une maladie peu diagnostiquée

1.1 Définition du syndrome de l’intestin irritable

Le syndrome de l’intestin irritable, encore appelé colopathie fonctionnelle, est une maladie chronique, qui associe des douleurs abdominales et des troubles du transit (diarrhée ou constipation ou alternance des deux).

Cette affection touche 5 à 15 % de la population en France et peut être responsable d’une altération importante de la qualité de vie.

Cette maladie touche plus les femmes que les hommes (deux à trois fois plus) et plutôt les jeunes adultes (début plus fréquent entre 20 et 30 ans).

 

1.2 Les symptômes de l’intestin irritable

Les douleurs sont souvent au premier plan, d’intensité variable chez une même personne, très fréquemment associées à des ballonnements.

Ces douleurs, parfois intermittentes, sont souvent accentuées quelques heures après les repas et peuvent être soulagées ou aggravées par l’émission de selles et/ou de gaz.

D’autres maladies sont parfois associées au syndrome de l’intestin irritable : fibromyalgie, cystite, reflux gastro-œsophagien et dyspepsie…

Il est important de rappeler que cette maladie varie d’un individu à l’autre : il n’y a pas un syndrome de l’intestin irritable mais des syndromes de l’intestin irritable.

Si les signes cliniques de cette maladie sont bénins d’un point de vue médical, cette maladie affecte grandement la vie quotidienne des patients (sommeil, repas notamment ceux à l’extérieur, relations avec les autres, sexualité, voyages, travail…).

Dans les cas les plus graves, cette pathologie est à l’origine d’un isolement, car les symptômes peuvent empêcher les patients de quitter leur domicile.

 

1 . 3 .Les causes du syndrome de l’intestin irritable

Les mécanismes en cause dans l’apparition de ce syndrome sont encore peu connus mais plusieurs hypothèses valables ont été énoncées.

Les troubles de la motricité intestinale sont fréquemment rencontrés, notamment chez les patients présentant un syndrome de l’intestin irritable de type diarrhéique..

Ils se manifestent par une hypermotricité intestinale pouvant provoquer des crampes abdominales. Ces anomalies de la motricité perturbent aussi le transit des gaz, générant une tendance à la rétention intestinale.

On retrouve une hypersensibilité intestinale chez 60 % des malades. Elle pourrait être en lien avec des perturbations de l’immunité au niveau intestinal.

Aussi, des anomalies des mécanismes de contrôle de la douleur viscérale au niveau du système nerveux central seraient également en jeu.

De plus, une perturbation du microbiote intestinal pourrait être une explication à la fermentation colique excessive chez les patients atteints du SII.

Enfin, une hausse de la perméabilité intestinale est évoquée, permettant le passage de fragments bactériens, qui provoquerait des réactions inflammatoires et rendrait ainsi l’intestin hypersensible.

Les sensations de douleur et d’inconfort ressenties par les personnes atteintes du SII sont exagérées en raison de troubles de la motilité intestinale et/ou d’une sensibilité intestinale accrue

L’anxiété, le stress et l’alimentation peuvent déclencher le syndrome et/ou accentuer les symptômes.  Les troubles du sommeil, l’anxiété, la dépression peuvent être à l’origine de la maladie mais aussi en être la conséquence.

 

1.4 Le diagnostic médical du syndrome de l’intestin irritable

Le diagnostic repose sur les signes cliniques et se base sur les critères de Rome IV (2016) :

douleur abdominale présente depuis au moins 6 mois et survenant au moins un jour par semaine durant les 3 derniers mois

avec au moins 2 des points suivants : en relation avec la défécation ou une modification de la fréquence des selles ou une modification de la consistance des selles en rapport avec l’échelle de bristol

 

Selon les troubles du transit associés, on distingue différentes formes :

SII à diarrhée prédominante (SII-D)

SII à constipation prédominante (SII-C)

SII mixte avec une alternance de diarrhée et de constipation (SII-M)

SII indéterminé (SII-I) c’est-à-dire n’ayant pas de trouble du transit évident

 

Seul un médecin généraliste ou un gastro-entérologue est en mesure de poser le diagnostic médical de SII, après avoir exclu d’autres pathologies pouvant présenter des symptômes similaires (maladie cœliaque, maladie de Crohn, endométriose…).

Jean Marc Sabaté, gastro-entérologue, évoque que ce syndrome est souvent nié par certains médecins voire même par certains gastro-entérologues. Il rapporte même que d’après une étude de l’association des patients souffrant du syndrome de l’intestin irritable (APSSII), dans 10 % des cas, c’est le patient lui même qui s’est reconnu dans cette maladie.

Lors du diagnostic, il y a bien souvent une incompréhension entre médecins et patients.

En effet, le médecin va conclure que « tout va bien », que « tout est normal », que « vous n’avez rien », ce qui peut engendrer chez le patient le sentiment de ne pas être entendu, de ne pas être compris ou pire encore que le médecin nie sa souffrance.

 

2. L’étude Nutrinet- Santé concernant les patients souffrant de l’intestin irritable

Cette étude porte sur les consommations alimentaires de patients atteints du syndrome d’intestin irritable, en présence de sujets témoins non malades (36 448 adultes).

Elle a comparé les régimes alimentaires entre des patients souffrant de l’intestin irritable et des sujets “témoins”.

Les sujets dans cette étude étaient en majorité des femmes (76,9%) avec un âge moyen de 50 ans et 5,1 % présentaient un syndrome de l’intestin Irritable. 

Cette étude a révélé que les sujets malades avaient un apport calorique total légèrement plus élevé, avec des apports plus élevés en graisse et des apports plus limités en protéines, ainsi qu’en minéraux et vitamines (notamment en calcium, en potassium, en zinc et en vitamines B2, B5 et B9).

En effet, les patients souffrant du SII avaient une consommation significativement plus faible de lait, de yaourt, de fruits mais par contre une consommation plus importante en boissons gazeuses non sucrées.

Cette étude a également montré que même si les apports énergétiques sont plus élevés, les apports moyens en micronutriments sont plus faibles chez les patients atteints du SII. 

Cela peut s’expliquer par les restrictions alimentaires des patients liées à des symptômes du SII déclenchés ou majorés par certains aliments.

3. Le régime pauvre en fodmap

3.1 Les FODMAP

L’acronyme anglais FODMAP signifie « Fermentable Oligosaccharides Disaccharides Monosaccharides and Polyols ».

Ce sont des sucres dits fermentescibles peu ou non absorbés au niveau de l’intestin grêle.

Ces sucres provoquent des symptômes digestifs, d’une part à cause d’une fermentation importante par les bactéries coliques, ce qui conduit à une production accrue de gaz, provoquant alors une hypersensibilité viscérale chez les patients.

D’autre part, il existe un effet osmotique selon lequel les glucides fermentescibles augmentent la quantité d’eau dans le côlon, provoquant des réactions intestinales.

Les oligosaccharides comprennent les fructanes et les galactanes, encore appelés galacto-oligosaccharides ou GOS. Les fructanes sont présents dans le blé et le seigle. Les GOS sont abondants dans les légumineuses.

Le lactose, sucre composé d’une molécule de glucose associée à une molécule de galactose, appartient à la famille des disaccharides.

Le déficit en lactose, enzyme qui scinde le lactose, est fréquent à l’âge adulte. Certaines études mettent en évidence que l’intolérance au lactose est surreprésentée chez les patients atteints de l’intestin irritable.

Le monosaccharide est le fructose en excès de glucose.Lorsque les transporteurs du glucose sont saturés, le fructose n’est pas absorbé et parvient dans le gros intestin, entraînant alors des symptômes digestifs. Les aliments riches en fructose en excès de glucose sont la pomme, la poire, la mangue, le miel…

Les polyols, dont le sorbitol, le xylitol et le mannitol, sont des sucres en abondance dans les fruits à noyau (pêche, cerise, prune…), l’avocat, les champignons et le chou-fleur.

 

3 2. Le protocole fodmap créé par la Monash University

Le régime pauvre en FODMAP a été mis au point en 2005 par une équipe de chercheurs, Peter Gibson et Susan Shepherd de la Monash University à Melbourne, et s’est depuis largement diffusé dans le monde.

Il est plus juste de parler de « protocole FODMAP » plutôt que de « régime pauvre en FODMAP », car le but est bien de réintroduire les FODMAP, et non de garder une alimentation pauvre en FODMAPS sur le long terme.

 

Il se déroule en trois étapes :

  1. Phase d’exclusion des aliments riches en FODMAP
  2. Phase de réintroduction progressive par groupe d’aliments riches en FODMAP (lactose, galactane, fructane, mannitol, fructose, sorbitol)
  3. Phase de réintroduction des fodmap bien tolérés

Le régime consiste à réduire la quantité globale d’aliments riches en FODMAP sans les exclure totalement, en s’appuyant sur les habitudes alimentaires de la personne et sur sa tolérance (réduction de la fréquence et/ou de la quantité).

En cas d’amélioration des symptômes, une réintroduction progressive des familles d’aliments pourra être effectuée. Par contre, si le patient n’observe pas d’améliorations lors de la phase d’exclusion, le patient sera orienté vers une autre prise en charge.

 

3. 3 Les précautions avant de commencer un régime fodmap

3.3.1 Une consultation médicale indispensable

Certaines précautions sont nécessaires avant de mettre en place ce régime.

Il est important de commencer ce régime après un diagnostic médical du syndrome de l’intestin irritable ou du moins après une consultation médicale, au cours de laquelle le médecin a écarté toute autre maladie.

En effet, les signes cliniques de l’intestin irritable ne sont pas spécifiques de la maladie, et peuvent être confondues avec d’autres pathologies présentant des symptômes similaires.

3.3.2 Une absence de contre-indication médicale

Si vous avez souffert par le passé ou si vous souffrez actuellement de troubles du comportement alimentaire, ce régime est contre indiqué car ce régime est très restrictif et peut entraîner une rechute ou une aggravation de vos troubles.

3.3.3 Une évaluation diététique

Une consultation diététique permet d’évaluer les apports nutritionnels, la possibilité pour le patient de suivre ce régime (disponibilité, organisation, anxiété lié au régime, état psychologique du patient…).

Un protocole allégé est possible si le sujet consomme beaucoup d’aliments riches en fodmap.

Cette consultation permet au diététicien de proposer un régime fodmap s’il convient et est adapté au patient (parfois, ce n’est pas le bon moment !) ou d’orienter vers un autre professionnel de santé qui saura l’accompagner vers un mieux-être et un confort intestinal (médecin, hypnothérapeute, ostéopathe…).

Une étude a montré qu’entreprendre ce régime avec une diététicienne est mieux suivi notamment lors des phases de réintroduction des fodmap (phase 2 et phase 3).

Un suivi diététique permet alors de limiter le risque d’échec du régime et d’éviter des carences nutritionnelles.⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀

Il est important que ce protocole soit personnalisé pour chaque patient, c’est à dire adapté à vos goûts, à votre mode de vie ..

Diététicienne formée au régime pauvre en fodmap par la Monash University, je peux vous accompagner pour la mise en place de ce régime.

Conclusion

Le syndrome de l’intestin irritable est une maladie chronique, d’intensité variable et fluctuante selon les périodes.

Il n’y a pas de traitement standard efficace pour tous les patients.

De même, un traitement efficace à un moment donné ne le sera peut être pas définitivement.

D’autres thérapies ont fait leur preuves dans le traitement de cette maladie et ont été validées scientifiquement : l’hypnose, la méditation pleine conscience, l’ostéopathie.

Dans tous les cas, n’hésitez pas à consulter à nouveau votre médecin généraliste ou votre gastro-entérologue qui adaptera votre prise en charge médicale.

Enfin, l’Association de Patients Souffrant du Syndrome de l’Intestin Irritable, peut être une aide et un soutien indéniable grâce à des échanges avec d’autres patients sur la maladie et la prise en charge (groupe facebook, d’une ligne d’écoute, d’un forum d’échange, de rencontres entre adhérents).

 

Sources bibliographiques 

Etude Nutrinet – Santé : Marion J Torres , Jean-Marc Sabate , Michel Bouchoucha , Camille Buscail , Serge Hercberg , Chantal Julia , consommation alimentaire et apports alimentaires chez 36 448 adultes et leur association avec le syndrome du côlon irritable

Jean Marc Sabaté, Intestin irritable, équilibrez votre microbiote et faites la paix avec votre côlon, édition Larousse 2020

François Mion, le syndrome de l’intestin irritable, édition Mango, 2019

Ropert A, Bouquen G. Troubles de la motricité intestinale et hypersensibilité viscérale dans le syndrome de l’intestin irritable. Gastroenterol Clin Biol. 2009;33:S35-9.

Ostgaard, H., et al., Diet and effects of diet management on quality of life and symptoms in patients with irritable bowel syndrome. Mol Med Rep, 2012. 5(6): p. 1382-90

Simren, M., et al., Food-related gastrointestinal symptoms in the irritable bowel syndrome. Digestion, 2001. 63(2): p. 108-15

Monsbakken, K.W., P.O. Vandvik, and P.G. Farup, Perceived food intolerance in subjects with irritable bowel syndrome– etiology, prevalence and consequences. Eur J Clin Nutr, 2006. 60(5): p. 667-72

Vernia P, Ricciardi MR, Frandina C et al. Lactose malabsorption and irritable bowel syndrome. Effect of a long-term lactose-free diet. Ital J Gastroenterol. 1995;27(3):117-21

Halmos, E.P., et al., A diet low in FODMAPs reduces symptoms of irritable bowel syndrome. Gastroenterology, 2014. 146(1): p. 67-75 e5

 

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